Votre tableau compare ce que coûte votre salle et ce que coûterait un hébergeur. Six postes y manquent presque toujours, et ils penchent tous du même côté. Vérifiez si les vôtres y sont.
Estimer mon coût →Tous les chiffres de cette page viennent du même exemple, calculé par notre outil. Le voici en entier, pour que vous puissiez vous situer avant de lire le reste.
L'entreprise. Une soixantaine de personnes. Six baies dans un local technique : une baie est une armoire d'environ 60 cm de large et 2 mètres de haut, dans laquelle les serveurs s'empilent. Un onduleur de quelques années, un groupe électrogène, un contrat de climatisation.
Ce que la salle coûte en factures : 113 070 € par an, soit 1 570 € par baie et par mois. L'électricité en représente 56 %, le loyer du local 12 %, les contrats de maintenance 23 %, et le reste correspond à la somme mise de côté chaque année pour remplacer les équipements en fin de vie.
Le repère qui manque d'habitude : chez un hébergeur, la même baie revient à environ 375 € par mois, tout compris. Votre salle coûte donc environ quatre fois plus par baie. Pourquoi, c'est l'oubli n° 2.
Ce que coûte une heure d'arrêt : 800 € dans cet exemple. C'est une valeur volontairement prudente, et c'est la seule que vous devez remplacer par la vôtre : elle décide de tout le reste. Plus une heure d'arrêt vous coûte cher, plus les écarts calculés ici se creusent.
Escorter un technicien de maintenance, faire le tour de la salle, relever des compteurs, se déplacer à vingt-trois heures parce qu'une alarme s'est déclenchée. Ce travail occupe quelqu'un et ne produit aucune facture, donc il n'entre dans aucun budget.
Sur notre salle, il représente 138 heures par an, soit près de vingt journées de travail. Au taux horaire chargé d'un technicien : 10 350 € par an, à comparer aux 113 070 € de factures. Neuf pour cent de coût en plus, absents du tableau.
Ces heures se décomposent ainsi :
Et ce poste ne tombe pas à zéro si vous partez. Piloter un prestataire prend du temps, et le brassage reste à votre charge puisque vos serveurs restent les vôtres. Il en reste 3 263 € par an, soit un tiers. L'économie réelle est donc de 7 088 € par an, pas de 10 350 €.
1 570 € par baie et par mois contre 375 € chez un hébergeur : l'écart a une cause unique, et elle n'a rien à voir avec la qualité de votre installation.
Une salle se construit d'un bloc. La climatisation, le local, l'onduleur et le contrat de maintenance coûtent presque la même chose que vous y mettiez six baies ou vingt. Divisez cette dépense par six, et chaque baie porte une part énorme de charges fixes.
Un hébergeur répartit les mêmes équipements sur des centaines de baies et ne vous facture que les vôtres. Le partage de ce qui coûte cher est le service qu'il vend.
Une salle à moitié vide est donc le cas le plus défavorable, et c'est le plus fréquent, puisqu'on dimensionne toujours une salle pour la croissance à venir.
Les salles et les datacenters se classent sur une échelle à quatre niveaux appelée Tier. Ce qui sépare les niveaux est simple : au niveau II, entretenir un onduleur ou un climatiseur oblige à arrêter le service, parce qu'il n'existe qu'un seul circuit. Au niveau III, il en existe plusieurs, donc on entretient sans rien arrêter. D'où l'écart de durée de panne attendue : 22,7 heures par an au niveau II, 1,6 heure au niveau III.
Ces durées supposent une installation entretenue comme elle a été conçue. Deux exemples de ce qu'elles ne couvrent pas :
Sur notre salle de niveau II avec un groupe essayé seulement à vide, la durée de panne attendue passe de 22,7 à 23,75 heures. Une heure de plus, soit 840 € par an.
Sur une petite salle, cet écart reste faible, et il faut le dire : le niveau II promet déjà peu. L'écart devient lourd sur une installation qui promet beaucoup, ce qui est précisément ce que vend un hébergeur, et nous l'avons chiffré dans ce que vaut vraiment un niveau Tier annoncé.
*Contrôle du calcul : la même salle avec un groupe essayé en charge, un onduleur récent et une astreinte en place ressort à 22,7 heures, la durée exacte que son niveau annonce. L'écart ne vient donc que de l'entretien.*
Rester, c'est acheter des équipements qui durent quinze ans. Partir, c'est payer un abonnement mensuel. Additionner les deux sur cinq ans et comparer les totaux ne veut rien dire, puisque l'un immobilise de l'argent d'un coup et l'autre l'étale.
La méthode habituelle transforme l'achat en loyer équivalent : ce que vous paieriez chaque année si vous louiez ces équipements au lieu de les acheter, sur toute leur durée de vie. Les comptables l'appellent coût annuel équivalent. Sans cette conversion, la location gagne toujours, parce qu'elle n'a pas de grosse dépense au départ.
Une fois les trois options sur cette base commune :
| Ce que vous faites | Coût par an | Ce que ça recouvre |
|---|---|---|
| Vous ne changez rien | 111 847 € | vos factures actuelles, plus 19 000 € de pertes attendues sur les 23,75 heures d'arrêt |
| Vous remettez la salle à niveau | 99 058 € | 39 000 € : cloisonner la circulation d'air pour que le froid ne se mélange plus au chaud, ce qui allège la facture d'électricité, et ajouter de la capacité |
| Vous partez chez un hébergeur | 25 613 € | l'abonnement, le déménagement, et 1 280 € de pertes attendues au lieu de 19 000 € |
Un rapport de plus de quatre entre rester et partir paraît suspect. Il vient de deux endroits, tous deux visibles dans le tableau.
Les charges fixes de la salle, expliquées à l'oubli n° 2 : vous payez une installation entière pour six baies.
Et le risque de panne, compté des deux côtés. 23,75 heures à 800 € font 19 000 € par an de pertes attendues ; 1,6 heure en fait 1 280 €. L'écart de risque pèse près de 18 000 € à lui seul, et il dépend entièrement du chiffre que vous mettez sur une heure d'arrêt. Si votre activité supporte une journée sans serveurs, il s'effondre et la conclusion change.
Si vous comparez sur cinq ans, un onduleur acheté aujourd'hui aura encore la moitié de sa vie devant lui à la fin de la période. L'ignorer revient à facturer à l'option « rester » du matériel que vous n'avez pas consommé.
Nous avons mesuré ce que cet oubli produit à lui seul, en refaisant tourner le calcul sans compter ce qui reste : le coût annuel de « remettre la salle à niveau » monte de 1 282 €, celui de « partir » de 559 €, et celui du statu quo ne bouge pas, puisqu'il n'achète rien.
L'ordre des trois montants est logique : plus une option achète, plus l'oubli la pénalise.
Votre tableau désigne un gagnant, mais il ne dit pas si ce gagnant tient encore quand l'électricité augmente, quand vous raisonnez sur sept ans au lieu de cinq, ou quand emprunter vous coûte plus cher.
C'est pourtant la question qui décide en réunion : la réponse change-t-elle si je me suis trompé quelque part ?
Nous rejouons donc le calcul entier sur sept jeux d'hypothèses. Sur notre cas, la même option gagne dans les sept. Si elle avait perdu dans deux d'entre eux, nous l'aurions écrit, parce que c'est ce qui distingue une réponse solide d'une réponse qui tient par chance.
Il ne connaît pas ce que vous coûte une heure d'arrêt, et c'est le chiffre qui décide de tout. Pour l'estimer chez vous, partez de votre chiffre d'affaires divisé par les heures ouvrées de l'année, puis retirez la part de l'activité qui continuerait malgré l'arrêt. Une entreprise de soixante personnes arrive souvent à plusieurs milliers d'euros par heure, bien au-dessus des 800 € prudents retenus ici.
Il ne remplace pas un devis : nos montants sont des estimations de marché. Aligner deux devis entre eux est un autre exercice, traité dans comparer des offres sur une base identique.
Il ne prédit pas votre disponibilité réelle. Une durée de panne attendue est un ordre de grandeur, pas une promesse, et seule un essai la mesure.
Et il conclut parfois qu'il ne faut rien changer. Une petite salle bien entretenue, dont l'arrêt coûte peu et dont l'équipe est déjà sur place pour d'autres raisons, n'a souvent aucune raison financière de bouger.
Reprenez votre propre tableau et vérifiez d'abord une chose : contient-il les six postes de cette page ?
Parce que ces vingt journées existent et pourraient servir à autre chose. Si le calcul les ignore, il offre gratuitement à l'option « rester » un travail que l'option « hébergeur » n'a pas. Il ne s'agit pas de supprimer des postes, mais de comparer la même chose des deux côtés.
Elles découlent de votre installation : le nombre de visites vient de vos contrats de maintenance, les rondes d'un rythme mensuel, les interventions hors horaires d'un nombre d'appels que vous pouvez corriger. Chaque ligne affiche son calcul.
Une armoire métallique d'environ 60 cm de large et 2 mètres de haut, dans laquelle les serveurs s'empilent. Une PME en occupe souvent deux à six.
Le nombre de circuits. Au niveau II il n'y en a qu'un : entretenir un onduleur oblige à arrêter le service. Au niveau III il y en a plusieurs, donc on entretient sans rien arrêter. D'où 22,7 heures de panne attendues par an d'un côté, 1,6 heure de l'autre.
Parce qu'il prouve seulement que le moteur démarre. Un essai en charge lui fait alimenter la salle pour de vrai, et c'est le seul qui prouve qu'il tient la puissance, qu'il refroidit correctement, et que le basculement se fait sans coupure.
Ce que vous paieriez chaque année si vous louiez un équipement au lieu de l'acheter, sur toute sa durée de vie. C'est le seul moyen de comparer un achat de quinze ans avec un abonnement mensuel.
Divisez votre chiffre d'affaires annuel par les heures ouvrées de l'année, puis retirez la part de l'activité qui continuerait malgré l'arrêt. Les 800 € de cette page sont volontairement prudents : chez beaucoup d'entreprises de cette taille, le chiffre réel est plusieurs fois supérieur, et il creuse encore les écarts.
Non. Sur une salle bien entretenue dont l'arrêt coûte peu, rester est souvent le bon choix, et le calcul le dit. Il refuse aussi plusieurs dépenses de fiabilité quand elles coûtent plus qu'elles ne rapportent.
Rédigé le 16 septembre 2026.
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