Une commande d'infrastructure engage pour des années, et les problèmes les plus chers sont ceux qui ne se voient qu'après la signature : une baie qui ne peut pas porter la puissance promise, un cross-connect facturé à vie, un plan de reprise jamais testé. Cette checklist regroupe les questions à poser, poste par poste, avant de signer quoi que ce soit.
Estimer mon coût →Quelle puissance maximum par baie ce site vend-il réellement ? C'est la question qui décide, en particulier dès qu'il y a du GPU. Exigez deux arrivées distinctes (A et B), chacune capable de porter la totalité de la charge, et clarifiez la facturation : puissance souscrite ou énergie consommée, et le refroidissement est-il inclus dans le tarif. Enfin, souscrivez avec une marge : au ras de la mesure, le premier pic disjoncte.
Pour un cluster de virtualisation : des disques de qualité serveur avec protection d'écriture en cas de coupure (la mention à chercher est PLP), de la mémoire ECC, et jamais de contrôleur RAID matériel sous un stockage qui gère lui-même la redondance (ZFS ou Ceph). Les références exactes et les compatibilités se confirment sur le configurateur du constructeur au moment du devis : un catalogue évolue chaque trimestre.
Le loyer de la baie est le poste le plus visible et souvent le plus négocié ; les cross-connects, ces câbles qui vous relient aux opérateurs, sont facturés au mois et s'additionnent année après année. Avant de signer : quels opérateurs sont réellement présents sur le site, à quel tarif le cross-connect, et une seule liaison suffit-elle ou faut-il la redondance ? Notre guide sur l'interconnexion détaille ce poste.
Deux chiffres résument votre plan de reprise : le RPO (combien de données on accepte de perdre) et le RTO (combien de temps on accepte d'attendre la reprise). Choisissez-les en connaissance de cause, du simple jeu de sauvegardes au double site actif, et rappelez-vous qu'un RTO annoncé n'est qu'une intention : seul un test de bascule, planifié avant la mise en production, le transforme en fait. Notre guide PCA/PRA pose les définitions.
La réplication du stockage copie les erreurs aussi fidèlement que les données. La sauvegarde vit sur une machine séparée, avec une copie hors site (la règle 3-2-1 : trois copies, deux supports, une hors site), et un test de restauration daté. Une sauvegarde jamais restaurée est un espoir, pas une protection.
Les conditions de renouvellement et de sortie se négocient avant la signature, jamais après : indexation du loyer, préavis, sort du matériel et des données en fin de contrat, réversibilité. Notre guide sur la facture au renouvellement montre où se cachent les hausses. Et pour chaque chiffre d'une offre, la même exigence : sa source et sa date, sinon c'est une promesse orale.
L'Architecte Digital applique ces contrôles à votre projet : il dimensionne le cluster, calcule la fiche de besoin (espace, puissance, refroidissement) et sort la checklist pré-remplie, chaque point marqué couvert, à exiger ou à planifier.
La puissance maximum réellement vendue par baie, avec deux arrivées A et B capables chacune de porter la totalité. C'est la contrainte qui élimine des sites, bien avant la place disponible.
Trois copies de vos données, sur deux supports différents, dont une hors site. Elle protège de ce que la réplication ne couvre pas : suppression, rançongiciel, erreur humaine.
Le RPO est la quantité de données que vous acceptez de perdre (le temps depuis la dernière copie) ; le RTO est le temps que vous acceptez d'attendre avant la reprise. Les deux se choisissent avant l'incident, et se prouvent par un test.
Parce qu'un chiffre sans source ni date ne peut être ni contesté ni comparé : c'est une promesse orale mise en page. Exigez la provenance de chaque valeur d'une offre, prix, délai ou performance.
Rédigé le 10 septembre 2026.
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